La Société Civile Guinéenne manque de Lisibilité et de Visibilité (Opinion)

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« La société civile regroupe les organisations syndicales et patronales, et celles  non gouvernementales (ONG), avec une contribution spécifique des communautés religieuses »

elle exprime  toute la vitalité de la vie sociale, basée sur la libre volonté des tous hors de tout rapport d’autorité ou d’intérêt privé.
C’est un  monde de la solidarité où se manifesteraient les demandes et évolutions d’une société tout en concrétisant une forme d’action pragmatique, efficace, plus représentative des intérêts des idéaux des gouvernants.

Les véritables causes de la faiblesse de la société civile guinéenne.

En République de Guinée on assiste aujourd’hui à un phénomène social de repli qui n’épargne pas non plus le monde associatif.

Cette évolution est accentuée du fait de l’absence de stratégies d’alliances entre associations et entreprises, associations et syndicats ou encore avec les médias et le monde de la recherche.

Les représentations et clivages hérités du passé et les concurrences entre associations sur les territoires, qui ternissent parfois les relations inter-associatives, contribuent à renforcer cet isolement et engendrent des tensions au sein d’un monde associatif qui demeure clivé. Ce qui  justifie la rupture entre les plateformes de la société civile guinéenne. Une division qui arrange le pouvoir et qui plonge les citoyens dans un désespoir total car ils se posent la question à qui faire confiance.

A cause de cette situation, la société civile guinéenne n’est aujourd’hui en mesure de proposer des réponses aux principaux défis de la société guinéenne. Pourtant, dans les autres pays, elle est source d’innovation sociale et contribue fortement à la transformation de la société. Son utilité sociale ne doit  faire aucun doute : elle doit  disposer des outils du vivre ensemble, à prendre  conscience de la nécessité de peser sur l’avenir de la société et de trouver de nouvelles formes d’action collective. Cependant, on observe un manque de visibilité et de lisibilité des associations, au sein de la société civile dans l’espace public. On assiste également à la naissance d’un citoyen actif, mais peu désireux de rejoindre des institutions. Une méfiance causée par cette crise de confiance entre activistes et citoyens libres.

 

Comment faire entendre, dans leur diversité, les voix de ceux qui travaillent et produisent des richesses, de ceux qui cherchent, créent et innovent dans les arts et les sciences, de ceux qui inaugurent un nouveau modèle de développement plus respectueux de l’homme et de la nature?

 

Mais aussi de ceux qui s’engagent au quotidien auprès des jeunes, notamment dans le sport, mais aussi au service des plus démunis ou des accidentés de la vie? Cette question est difficile à répondre dans mon pays car elle n’est pas inscrite dans la feuille de route des organisations de la société civile guinéenne. Même si elle est inscrite pour l’instant elle est loin d’être une priorité.

La société civile est aussi, un ressourcement de la démocratie.

Une démocratie ne se construit pas comme un Meccano. Elle ne s’importe pas non plus.
La démocratie, comme projet sans cesse à construire, implique la liberté d’opinion, le respect des droits des minorités, la confrontation pacifique des intérêts et donc la liberté d’organisation et l’État de droit, la responsabilité des gouvernants.
Cela suppose pouvoirs et contre-pouvoirs et donc un espace libre, celui de la société civile forte, indépendante du pouvoir de l’État, de celui de l’économie pour que  cette société civile soit donc au cœur de tout processus de démocratisation. Mais selon le constat sur le terrain, notre société civile n’est pas à l’abri du besoin. Ce qui remet en cause son indépendance car en Guinée une plateforme de la société civile est considérée comme une passerelle pour arriver dans des hautes fonctions de l’administration publique. C’est Pourquoi elle est  décriée par bon nombre de citoyens.

 

Pourtant, la société civile se caractérise fondamentalement par son « attitude collective de refus de subordination de la part des organisations ayant une action politique et gouvernementale dans la vie de la nation. Les organisations de la société civile ne s’identifient pas à un parti ou une idéologie politique, pour assurer plus de légitimité dans leur prise de position afin de veiller à la prise en compte des revendications sociales. Lorsque les acteurs de la société civile sont soumis aux inconditionnalités des acteurs politiques, ils perdent leur représentativité et peuvent être ainsi déséquilibrés, basculés du coté de l’Etat et détruire la condition d’existence de la société civile voire de la démocratie. Malheureusement, c’est de cette image qu’elle est vue en Guinée.

 

Dans un régime où les organisations de la société civile ne gardent pas leur indépendance vis à vis de la classe politique, le champ d’action des tenant du pouvoir s’agrandit et surgissent avec lui les prémisses d’une toute puissance étatique. La société civile cesse d’être dans ce cas un contre pouvoir. En perdant son indépendance, la société civile se fragilise et fragilise la démocratie quand ses observations ne sont plus liées à l’intérêt général des citoyens mais plutôt à une coloration politique.

 

Alpha Bakar Diallo 

 

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