Opinions : Une Jeunesse Africaine en Perdition, à Qui la Faute ?

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Opinions: Une Jeunesse Africaine en Perdition, à Qui la Faute ?

Elle tue les uns et fait perdre aux autres leur dignité longtemps préservée. Rejetés de partout,en Europe ou au Maghreb,en son nom ils se font emprisonner et parfois même vendre vilement et ce,sans aucun scrupule. C’est l’immigration clandestine.

Ils se comptent par milliers ces jeunes d’Afrique subsaharienne qui croient mordicus que le Maroc est l’ouverture à ce bout du tunnel qu’ils recherchent tant. La beauté du paysage maghrébin, ses palmeraies longeant ses routes piégeant,ils viennent et avec eux l’espoir de toutes leurs familles. Ayant perdu foi en ce continent que l’on dit être riche et ce,sur tous les plans,ils y laissent pourtant le sentiment de patriotisme et sortent donc avec l’envie de ne plus y retourner ou du moins pas aussi vite parce que voulant à tout prix rejoindre l’hexagone.

Qui sont les responsables de cette fuite perpétuelle ?

Les jeunes Africains…

Ils sont forts,énergiques et surtout talentueux. Des choses extraordinaires ils ont la capacité d’accomplir. Malheureusement ils préfèrent fuir leur maison pour aller se réfugier chez les voisins et de là, être volontairement spectateurs de la dégringolade qui sévit dans la leur. Quel dommage ! Au delà du déséquilibre démographique que ce départ massif vers le nord cause, c’est un véritable potentiel humain opérant qui s’en va. Je suis persuadée aujourd’hui que la jeunesse est celle qui sauvera le bateau africain du naufrage économique. Au milieu de cette mer et ses vagues puissantes,il n’y a que par son expertise,son dynamisme et sa volonté de réussir qu’elle parviendra à maintenir ce continent vivace qui dès l’aube de l’humanité s’est montré quand-même facilement manipulable par les grandes puissances.

À écouter la plupart de ces jeunes migrants,l’on comprends automatiquement que le réveil des consciences africaines enclenché depuis le début du 20eme siècle par les précurseurs de la négritude William Édouard du bois entre autres n’a jamais été effectif. Ils ont jusque-là gardé en eux le mythe occidental, croyant que les vrais hommes,la vraie vie,et la consécration n’est possible que sur les terres occidentales. Ils ont perdu foi en l’avenir du continent et eux qui auraient dû changer la donne et faire taire ceux qui,par moment osent nier même son humanité sont en réalité ceux qui fuient la responsabilité de le remettre sur l’arène internationale. Avec la même force qui leur pousse à partir j’aimerais bien qu’ils l’investissent dans la construction d’une société juste solidaire et travailleuse pour ne serait-ce qu’amorcer un développement social qui est justement une primitive de celui économique pérennant.

Partir est une chose, partir clandestinement en est une autre. Cette dernière option n’est nullement la solution à nos problèmes. Partir de cette façon là c’est fuir carrément nos devoirs vis à vis de l’Afrique elle même.

Partir pour moi c’est nier notre »CHEZ MOI ». Partir est tout simplement lâche.

Quant à l’État…

On à souvent tendance à lui imputer toute la responsabilité du massacre humain sur la méditerranée et les abus,les violations flagrantes des droits des migrants sur les terres maghrébines. Effectivement, il en est pour quelque chose quoi que pas seul. Il à carrément échoué quant à son rôle d’encadrer la jeunesse et de lui insuffler ne serait-ce qu’un petit espoir afin de la maintenir sur place. Il est évident que c’est à lui de mettre en place de bonnes politiques d’éducation et d’instruction d’abord puis de formation qualifiée et d’intégration professionnelle pour les jeunes. De toute façon l’Afrique est un continent où tout reste à faire après une soixantaine d’années d’indépendance ce n’est donc pas le travail qui manque mais bien un conditionnement environnemental et financier. Mais hélas !

Les familles,elles,sont les catalyseurs numéro1 de ce phénomène meurtrier.

Elles encouragent sciemment leurs enfants à tenter cette aventure si ambiguë. Par ignorance ou par ambition démesurée, elles préfèrent laisser partir l’unique garçon de la famille en sacrifiant le peu de finances qu’elles ont eu du mal à capitaliser. Elles dorment et se réveillent avec l’idée qu’il leur revienne plein les poches afin de leur sortir de la pauvreté ce qui, de facto pousse les jeunes à envisager l’impensable. Oubliant leur responsabilité de parents,celle de protéger leurs enfants et ce,en toute circonstance, elles leur livrent plutôt à la mort clandestine.

L’immigration est tout à fait normale on ne le dira jamais assez. Le monde étant un village planétaire,l’idéal serait que les peuples fassent autant de voyages qu’ils le souhaiteraient pour une intégration culturelle et intellectuelle réussie. Pour un partage et une fusion riche d’expériences inédites mais encore une fois….

la clandestinité vaut vraiment la peine? Nos vies ne sont-elles pas plus importantes que le soi-disant éden occidental ?

Personnellement,j’ai foi en la beauté de la vie,en la nécessité de saisir les opportunités qu’elle nous offre chaque jour et donc sa préservation est un impératif absolu. Autant il y’a des raisons de partir qui sont tout à fait compréhensibles au regard des réalités de nos pays,autant il y’en a de rester. Pour non seulement sauvegarder cette âme qui est quand-même beaucoup plus précieuse que tout ce à quoi l’on pourrait aspirer et ce,peu importe notre position géographique mais aussi pour faire de l’Afrique le noyau juste des échanges économiques en cette ère contemporaine,il nous incombe en tant que jeunes de rester afin que ce vieux continent puisse s’affirmer non pas pour faire de la négritude mais pour faire preuve de maturité cette fois. Ceci dit,ne serait-il pas judicieux que les raisons de rester pèsent sur la balance ?

Restons C’est Mieux.
A La Jeunesse L’AVENIR

 

Hassatou Abas Bah pour Presseguinee.com depuis Maroc 

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