Emmanuel Macron

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UE: Macron dans le bourbier du code de travail et des travailleurs détachés

 

Un casse-tête qui oblige la plupart des membres de l’Union Européenne à se taire devant le refus obstiné de la Pologne de jouer au riche pour payer ses travailleurs comme dans l’espace Schengen.

C’est Emmanuel Macron, agacé, qui a pris la mouche pour aller au charbon et comme il fallait s’y attendre, il n’y est pas allé du dos de la cuillère en des termes séditieux à peine voilés  en disant que le gouvernement et la première Ministre de Pologne auraient des difficultés à convaincre que les Polonais acceptent d’être mal payés pour longtemps.

La répartie de la Première ministre de Pologne pour le remettre à sa place de néophyte inexpérimenté dû à sa jeunesse avec une ironie dédaigneuse a été retentissante. Ça ne fait que commencer mais ça dépasse la question des travailleurs détachés. On présume que des médiateurs sont en train de grouiller pour calmer l’incident qui risque de devenir incendie diplomatique.

Quel serait le nœud du problème, on devrait dire les nœuds des problèmes, puisqu’il y en a bien deux, un à l’intérieur de la France, l’autre au niveau européen ?

Sur le code du travail en France : Emmanuel Macron a un impératif : combler les déficits budgétaires à 2,5% du PIB et économiser 13 milliards d’euros en 5 ans, si on ne s’est pas planté encore, une de ses grandes promesses de campagne. Pour cela, il veut revoir le code du travail, notamment sur l’âge de la retraite et sur le nombre d’heures de travail, tous revus à la hausse. Seulement, cette politique de l’économie ou cette économie politique ne recueille pas l’unanimité, loin s’en faut. A ce sujet, Macron vient de remettre François Hollande, son mentor, à sa place. Malgré les protestations des syndicats et des travailleurs, il baisse la tête et fait la voiture-bélier et fonce dans le tas, les arguments sur la pénibilité de certaines catégories de métiers, qui ne permettent pas de travailler au-delà de 60 ans comme les maçons et ceux des BTP, il s’assoit dessus. Les récriminations des travailleurs de bureau qui devront travailler plus de 35 heures pour percevoir le même salaire alors que sous Sarkozy, on entendait « travailler plus pour gagner plus », il s’en balance. Quant aux personnels de santé, leurs misères dans les salles d’urgence mises sur la table, il n’en a cure… Conséquences de ces réformes, le problème d’embauche et de chômage reste entier. Ce chômage vient d’ailleurs de repartir à la hausse.

Sur la question des travailleurs détachés des pays de l’ex-URSS et d’Asie : Le problème est tout autre. En effet, l’Europe occidentale capitaliste manque de main-d’œuvre qualifiée dans les travaux manuels pénibles. Ces travaux étant rébarbatifs, les jeunes de l’Union européennes s’orientent de moins en moins dans ces filières, ce qui fait que le métier paie bien. Les anciens pays de l’ex-URSS et d’Asie en ont fabriqué des ouvriers qualifiés à la pelle mais ils les paient mal. Ces travailleurs sont le plus souvent sous-traités par leur gouvernement sous forme de travailleurs détachés.

Cette appellation de « travailleurs détachés » est litigieuse. S’ils sont détachés, c’est qu’ils étaient attachés à quelque part et ils sont en Occident par un quelconque contrat ou lien avec leur pays d’origine, ils sont différents des travailleurs migrants africains qui ne sont pas attachés à leur pays d’origine.

Pour le cas des personne de l’ex-URSS, on devrait les appeler « experts », c’est ainsi qu’on les appellerait, s’ils étaient envoyés en Afrique. On a vu des ouvriers qualifiés d’Europe de l’est en Guinée avec le titre expert ou ingénieur et ils étaient doublement ou plus payés que les ingénieurs guinéens. Mais, ces travailleurs n’ont jamais payé de cotisation en Guinée, ils percevaient une partie de leur salaire en francs guinéens et le reste en dollars. Quel en était leur pourcentage, allez savoir.

Le problème est compliqué en cas d’accident de travail. Qui doit prendre en charge l’accidenté, le pays d’accueil ou le pays d’origine ? Si le travailleur détaché paie ses cotisations à son pays, le pays d’accueil ne devrait normalement pas prendre son assurance sociale en charge, mais cela est-il faisable ? Il faut dire non, parce que certains pays d’origine pourraient traîner les pieds pour laisser les syndicats, défenseurs des droits de l’homme et humanistes occidentaux clabauder sur l’état de l’accidenté pour obliger le pays d’accueil de s’en charger.

Autre chose, qu’en est-il d’une usine occidentale qui délocalise dans un pays à main d’œuvre à bas coût, doit-elle payer les impôts, taxes, permis et assurances à leur pays d’origine ou au pays d’accueil ?

La question des travailleurs détachés ressemble à un casse-tête à nos petites têtes, pas pour Emmanuel Macron qui parle des fonds de Bruxelles que la Pologne reçoit, exigent le respect des règles du jeu d’ensemble. Qu’en diront les autres membres de l’UE ?

Là, où il y a des os décharnés, c’est si le vote de Bruxelles condamne la Pologne et que celle-ci reste droite dans ses bottes ou que Bruxelles fasse marche-arrière sur cette directive, ce serait un désaveu retentissant pour Emmanuel Macron, à moins que pour ne pas donner raison à l’un ou à l’autre, Bruxelles laisse pourrir la situation, ce qui reviendra de même pour Macron.

 

 

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