Un agent de sécurité se confie : « Je suis fatigué de jeter des cailloux »

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Un agent de sécurité qui s’est confié à notre rédaction ce lundi, exprime ses regrets de porter la tenue et affiche son ras-le bol de couvrir les manifestations en Guinée.

Préférant garder l’anonymat au risque de se faire arrêter, l’agent de sécurité qui s’est présenté à notre rédaction dans un état de désolation, s’est exprimé en ces termes :

« Aujourd’hui je regrette d’être agent de sécurité. Pour moi, porter la tenue c’est une chose noble. Être gendarme ou policier, c’est défendre ses concitoyens et sa patrie. Mais chez nous en Guinée, c’est le contraire. L’agent guinéen, passe tout son temps à échanger des jets de pierres avec des manifestants. C’est comme s’il a pour mission de lancer des cailloux et du gaz lacrymogène ».

Et l’agent de sécurité poursuit en disant  : « Imaginez, s’il y a manifestation, on arrive sur le terrain entre 5 heures et 6 heures et c’est vers 11 heures qu’ont nous envoie du pain et du haricot. Et c’est pour toute la journée. Avec toute l’énergie que nous fournissons pour disperser les manifestations. »

Mais ce n’est pas tout, ajoute notre interlocuteur qui égrène d’autres difficultés liées aux opérations de maintien d’ordre:

« Le risque qu’on court dans l’opération de maintien d’ordre est énorme. Les jeunes qui sortent sont des gens qui sont déjà prêts, voir même formés pour ces genres de situations. Et nous des fois, on tombe dans leur piège. C’est vraiment difficile pour nous. Mais ce qui me choque de plus, c’est le comportement de nos agents de sécurité et manifestants. »

Parlant spécifiquement du cas des manifestants, notre interlocuteur rappelle que pour les jeunes brigandent les riverains, cassent les voitures et empêchent la circulation, «pour euxla réussite des manifestations c’est quand la circulation est bloquée, c’est quand des voitures sont caillassées. C’est dommage ! ».

Pour ce qui est de notre côté, ajoute-t-il, « certains de nos amis se livrent à des mauvaises pratiques, telles que, entrer dans les foyers, pour brutaliser des citoyens qui n’ont rien à voir avec la manifestation. Tout simplement parce qu’on a pourchassé les jeunes et on n’a pas mis mains sur eux, du coup avec cette colère, toute personne qui apparaît devient la cible. »

C’est pourquoi, poursuit notre interlocuteur, « Il arrive à des moments où ça dégénère et nous on fait appel à des renforts. L’équipe qui vient en renfort, vient toujours armée. Et une fois sur les lieux, ils font des tirs de sommation, ces tirs peuvent atteindre des citoyens. Autre aspect qu’il faut signaler, c’est quand un homme armé se retrouve dans une situation difficile, il va faire usage de son arme, c’est automatique, quelque soit son intégrité ».

A la question de savoir s’il prétend démissionner du corps, l’agent de sécurité répond :

« Ma démission, sera mal vue par mes responsables. Ils la considéreront comme une trahison. Mais à vrai dire, je suis fatigué de jeter des cailloux et d’assister à des scènes de violences. », il le confit.

Focus de Presseguinee

 

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