Immigration clandestine : Takadoum et ses réalités,un migrant raconte son calvaire!

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En manque de minimum vital chez eux,nombreux sont les jeunes qui se font avaler par la méditerranée après avoir vécu dans les favelas à la marocaine parce que tout simplement ils estiment que rejoindre l’Occident par cette voie est l’unique et l’ultime solution à leurs problèmes.

Il est 15h et le soleil toujours aussi brûlant. C’est l’heure du printemps et nous sommes à takadoum,un quartier très risqué et populaire de la région rabat-salé. Délinquance de grande envergure,deal, racisme à la marocaine,population pauvre,vieilles habitations,environnement sordide,stupéfiants,c’est dans ce refuge de tous les dangers que logent une bonne partie des migrants clandestins venus de tous les horizons de l’Afrique subsaharienne en attente d’un moment favorable pour la traversée vers ce qu’ils pensent être le « paradis terrestre ».

Mr ABD originaire de Dalaba ayant à peu près la trentaine est un jeune guinéen diplômé en administration des affaires sortant de l’UGLC et faisant donc partie de ces nombreux locataires de takadoum. Arrivé ici il y’a plus d’une dizaine de mois,le calvaire de ABD est sans égal et son témoignage très accablant <<….la vie des jeunes ici est très difficile surtout pour les nouveaux venus. Quand tu viens et que tu n’a ni parents ni amis le premier problème demeure celui du logement. On n’a pas où aller parfois même on est dans l’obligation de vivre dans la rue à la belle étoile tout en mendiant pour se nourrir puisque y’a pas de travail…>> ainsi il commença son récit douloureux mais très poignant. Au pays, il avait cherché du travail pendant un bon moment mais en vain et donc pour lui, aller fouler le sol européen via les eaux meurtrières de la méditerranée est l’unique alternative.

Comment est-il arrivé dans ce pays où migrants et acolytes sont considérés comme personnes anormales ?
<<…. J’avançais en âge,mes parents devenaient vieux je ne pouvais acquiescer qu’ils meurent dans la misère et donc il m’ont aidé à trouver un peu d’argent pour ma traversée une fois au Maroc ici. J’ai emprunté la voie terrestre pour être là parce que c’est moins cher. Et ici le seul endroit où tu peux venir sans connaitre ni Paul ni pierre mais pouvoir quand-même y rester c’est takadoum…..>>

Ainsi donc,de Conakry il débarque a takadoum ce quartier où aucune autorité quasiment n’a du pouvoir et qui,naturellement représente tout le contraire du luxe marocain que la télévision généreusement nous montre.

Comment vivre à takadoum ?
Takadoum est carrément un autre monde m’a t-il confié avec désolation. Ici,tu es obligé d’être très fort sinon c’est à tes risques et périls. D’ailleurs tu es obligé d’être bandit comme tout le monde pour survivre. D’un visage remplit de remord et de déception il me fit comprendre que 4fois de suite il avait tenté la traversée méditerranéenne mais en vain et ce,après avoir échappé de justesse a une vente d’hommes en lybie une année avant. Toutes ces fois beaucoup mourraient,d’autres disparaissaient mais lui toujours en vie et témoin de ces morts tragiques soit par noyade soit par la fatigue,la faim ou même les blessures suite aux conséquences des poursuites policières à la frontière espagnole dans le nord du pays…avec toute cette galère que ABD vit au quotidien et malgré que sa rencontre avec l’ange de la mort à failli avoir lieu a plusieurs reprises,il reste quand-même sceptique quant à son retour au pays.

Pourquoi donc cette réticence ??
<< si je rentre que ferais je alors même que l’État ne fait rien pour accompagner les jeunes qui ont pourtant des idées de développement et pire, avec l’état actuel de notre pays où les jeunes sont carrément oubliés?..>> S’est-il interrogé. Ce jeune homme qui,en 2015 avait tenté la procédure légale sans résultat impute sa situation et celle de ses amis à l’État mais aussi à ses représentants diplomatiques qui rendent difficile la circulation légale des personnes et des biens.

Et d’ailleurs, à entendre ce jeune on se rend bien compte que souvent ils ne quittent pas leurs familles parce qu’ils le souhaitent mais bien parce que sur place ils n’ont aucune condition requise pour entamer une vie digne. Par ailleurs,nombreux sont ceux qui, tout comme ABD n’hésiteraient pas à rentrer au pays si jamais ils seront soutenus par l’État dans le développement de leurs idées de projet. Toute fois,il est important de rappeler que l’État sa responsabilité mise à part les jeunes doivent apprendre d’eux mêmes a entreprendre,à réaliser leurs rêves,a se construire une vie. De toutes manières l’Afrique à tout ce qu’il faut pour son émergence et le salut de ses fils. Pour cela il suffit de travailler encore et encore pour y arriver. Partir pour ne jamais revenir n’est pas la solution au problème bien au contraire,à défaut de la voie légale il faut rester chez soi,réfléchir,proposer une idée et être de ceux qui écriront l’histoire de cette Afrique. Et cela ne sera possible que si nos États aussi s’investissent vraiment et concrètement dans ce sens en donnant à ces jeune des raisons de rester. L’intérieur doit être attrayant pour eux afin qu’ils puissent rester et ensemble construire une Afrique telle que imaginée par nos devanciers rassembleurs. Partir est une option mais Rester est Mieux

  Hafsatou Abass Bah

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