Diplomatie

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Diplomatie: la menace de sanction américaine contre la Guinée a-t-elle fait sauter la ministre Makalé ?

 

Comme nous l’avions annoncé dans une de nos éditions précédentes (Lire: http://guineenews.org/diplomatie-donald-trump-veut-sanctionner-la-guinee-jugee-recalcitrante/), l’Administration Trump a l’intention de suspendre l’octroi des visas aux Guinéens. En tout cas, c’est cette option  qu’envisagerait de plus en plus la nouvelle Secrétaire à la Sécurité Nationale.

Dans une correspondance envoyée au Département d’État, Elaine Duke, celle qui remplace le général Kelly au Homeland Security, devenu depuis lors, Secrétaire général de la Maison Blanche- demande au Secrétaire d’État, Rick Tillerson de mettre en application les mesures de suspension de tout octroi de visa pour quatre pays africains sans aucun poids économique, diplomatique. Il s’agit de la Guinée, de l’Érythrée et la Sierra Leone.

A ces trois pays africains, s’ajoute le Cambodge, un autre pays qui ne dispose d’aucun groupe de pression en Amérique et qui représente peu d’intérêt pour les États-Unis, contrairement aux autres pays asiatiques.

Au départ du président Obama, il y avait 23 pays qui étaient considérés comme récalcitrants pour la reprise de leurs citoyens détenus aux États-Unis pour ‘’grand banditisme et trafic’’ de toutes sortes. Au mois de juillet 2017, ce chiffre avait été réduit à 12 pays qui refusaient de coopérer, y compris la grande Chine et le Cuba qui disposent d’un grand lobby à Miami mais aussi au Senat. Des sénateurs comme Marco Rubio et Ted Cruz, tous originaires du Cuba, comptent parmi les plus grands défenseurs des intérêts de leurs compatriotes cubains.

‘’La lettre a été reçue et une réponse appropriée va être donnée dans les meilleurs délais’’, selon un porte-parole du ministère américain des affaires étrangères, cité notamment par le Washington Post et la chaine CNN.

Deux questions se posent à la suite de la lettre du gouvernement américain qui menace d’imposer des sanctions à ces pays. La première consiste à savoir pourquoi la Guinée et les 3 autres pays et non la Chine et Cuba qui ont beaucoup plus de grands bandits dans les prisons américaines depuis les années ‘’50’’?

L’autre question qui se pose, tourne autour de la réponse que le gouvernement guinéen est censé apporté à cette menace américaine.

Le chef de l’Etat guinéen Alpha Coné, qui est également le président en exercice de l’Union Africaine, s’empressa-t-il de prendre son avion et user de tout son poids en tant que tel pour ne pas priver des centaines de Guinéens de visiter, d’étudier ou de faire des affaires au pays de l’Oncle Sam?

Déjà depuis deux ans, les États-Unis réduisent très considérablement l’octroi de visa aux Guinéens. Et pourtant Conakry avait reçu les premiers convois de ses ressortissants détenus dans les prisons américaines.

Si aucune action diplomatique intense n’est menée du côté guinéen dans les jours à avenir, des sanctions indésirables risquent de tomber.

Joint tard par téléphone, dans la soirée du jeudi 24 août, l’Ambassadeur de Guinée aux États-Unis, nous a confiés qu’il est à Mexico pour la présentation ce vendredi 25 août de ses lettres de créances.

«J’ai fait la remise des copies figurées au secrétariat pour le Foreign Affairs. J’ai appris la nouvelle par voie de presse. Il s’agit d’une proposition du Homeland Security et nous sommes en discussion avec le State Department. Car à ce jour 75 Guinéens ont été rapatriés. Ce qui est à mon avis, loin d’être un signe de mauvaise volonté de coopérer de la part de la Guinée. Le ministère des Affaires Etrangères avait demandé une identification avant toute expulsion”, a-t-il indiqué l’Ambassadeur Mamady Condé.

La menace semble être prise très au sérieux par le président Alpha Condé à tel point que certains observateurs avertis de la vie politique guinéenne, n’hésitent pas à faire un parallèle entre cet épouvantail de sanction brandi par l’Administration Trump et le décret du président Alpha Condé qui a limogé Mme Bah, Makalé Camara à la tête du département des Affaires Etrangères au profit de l’Ambassadeur de Guinée à l’ONU à New York, M. Mamady Touré.

Dans la série de décrets qui a partiellement remanié le gouvernement Youla, Makalé avait été la première à perdre son poste. Reste  à savoir si l’Administration Trump donnera du temps au nouveau chef de la Diplomatie guinéenne afin mieux s’imprégner de dossier épineux qui sera sans doute l’une de ses priorités.

Correspondant Senior, Amérique du Nord

 

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